maximios Author
Published: August 9, 2022
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L'intervention d'hélicoptères bombardiers d'eau a permis aux pompiers d'intervenir dans des zones difficiles d'accès.


L’intervention d’hélicoptères bombardiers d’eau a permis aux pompiers d’intervenir dans des zones difficiles d’accès.

Photo Quentin Saison

Sébastien Lepetit, sous-préfet, a passé la nuit sur le feu, et n’est reparti qu’en fin de matinée. Il l’avoue, “ce n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude de voir en Charente”. Pour cause, 300 sapeurs-pompiers d’une dizaine de départements étaient mobilisés (Charente, Charente-Maritime, Gironde, Landes, Loire-Atlantique, Lot-et-Garonne, Vienne, Côtes-d’Armor, Mayenne, Ille-et-Vilaine et Haute). ‑Vienne). Sébastien Lepetit souligne également ce mouvement de solidarité, notamment de la part des Girondins. “Un retour d’ascenseur” après les interventions de juillet dernier à Teste-de-Buch et Landiras. D’un point de vue logistique, une soixantaine de camions citernes feux de forêt (CCF) étaient sur place. Ils étaient appuyés par un hélicoptère bombardier d’eau, un hélicoptère “dragon” utilisé en reconnaissance, ainsi que deux Canadairs.

Terrain difficile d’accès, pompiers épuisés

David Vergnaud est lieutenant-colonel dans les pompiers. Comme pour toutes les personnes présentes aujourd’hui, la fatigue se fait sentir. Depuis plusieurs semaines, les incendies s’enchaînent en Sud Charente, et se sont intensifiés depuis quelques jours. Laissant l’ombre d’un incendiaire. David Vergnaud confirme, les hommes sont épuisés. “ Nous avons déjà un niveau de fatigue très élevé, ce feu supplémentaire aggrave les choses. » Il est 11 heures, le lieutenant-colonel part faire le point sur l’incendie, en compagnie du sous-préfet et colonel Bruno Hucher, grand mécène des sapeurs-pompiers charentais.

Le lieutenant-colonel David Vergnaud supervise les opérations


Le lieutenant-colonel David Vergnaud supervise les opérations

Photo Quentin Saison

Maîtriser un incendie de 150 hectares signifie passer au peigne fin l’équivalent de 210 terrains de football en flammes à la recherche de fumerolles. Le long des routes qu’emprunte le lieutenant-colonel Vergnaud, sont éparpillés des dizaines d’engins, et surtout une masse impressionnante d’hommes et de femmes. « C’est long, c’est difficile. Ces incendies sont très graves, la fatigue est brutale, avec tout ce que cela implique en termes de danger pour les pompiers. “, contrecomplète le sous-préfet. Le colonel Hucher, de son côté, confirme que le travail est loin d’être terminé. « Il faudra une semaine pour réparer l’incendie. »

L'heure de la pause pour ces sapeurs-pompiers landais.


L’heure de la pause pour ces sapeurs-pompiers landais.

Photo Quentin Saison

Ajoutant à la fatigue, le terrain ne facilite pas la tâche des pompiers. Les rangées serrées de pins rendent le massif difficile à pénétrer. Une situation qui rend nécessaire un appui aérien… et qui plonge Gaël Tétoin, le maire de Boisbreteau, dans une colère sourde. L’élu regrette que l’Etat ne facilite pas la création de pistes forestières, trop coûteuses pour les petites communes, et dont la gestion par des fonds publics s’avère être un véritable casse-tête administratif. Une véhémence partagée par de nombreux élus des communes environnantes, comme Marie-Hélène Gouffrant, maire de Chillac, interrogée il y a quelques jours à la suite d’un incendie dans sa ville. Gaël Tetoin, qui a passé la nuit éveillé, est épuisé. “Quand j’ai vu la fumée plus tôt au poste de commandement, j’ai pleuré. »

“J’ai 87 ans, j’ai dû quitter ma maison à 1h du matin”

Boisbreteau, 130 habitants : l’incendie choque forcément. La salle des fêtes a été aménagée en urgence pour accueillir une trentaine de personnes évacuées de leur domicile. Des matelas gonflables au sol, de quoi s’hydrater, recharger son téléphone… « Quand nous sommes partis, nous ne savions pas si nous allions revoir la maison. Les flammes étaient juste derrière, à 300 mètres. » Olivier et Virginie, évacués de Bors vers 1h du matin, emmènent avec eux leurs trois enfants. Si la nuit a été longue, ils sont touchés par l’accueil réservé par les habitants de Boisbreteau. “ Nous avions 15/20 minutes pour faire nos affaires, nous avons pris trois jours. Pour les deux petits [2 et 4 ans] C’est bon. Par contre, le grand, il a 11 ans et il comprend ce qui se passe. Et quand nous avons quitté la maison ce soir-là, nous ne savions pas si nous allions revoir la maison. »

Odette, 87 ans, espère pouvoir bientôt rentrer chez elle.


Odette, 87 ans, espère pouvoir bientôt rentrer chez elle.

Photo Quentin Saison

Dans un autre registre, Odette Brousset attend hagard devant la salle des fêtes. Elle a ramené son petit chien, laissant derrière elle ses poules et son chat. A 87 ans, l’évacuation en pleine nuit a été violente. « J’ai un traitement pour ma thyroïde, mais ils ne me laissent pas aller le chercher, je n’ai pas pu le prendre ce matin. Je me suis allongé la nuit dernière mais je n’ai pas pu dormir, je suis trop anxieux. En plus il y a le chat, les poules… le congélateur aussi, dans mon hameau je crois qu’il n’y a plus d’électricité ! » Même de vieille mémoire, le drame est une tâche. “Un peu saigné comme ça, on se croyait encore en sécurité…”

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