maximios Author
Published: July 19, 2022
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La multiplication des vagues de chaleur au cours des dernières décennies nécessite de nouvelles façons de s’adapter à ces chaleurs extrêmes.

La nouvelle norme. Alors que ce mardi la France sera confrontée à une nouvelle journée caniculaire, les températures devraient à nouveau battre des records et largement dépasser la barre des 40°C. Selon les prévisions, il fera même jusqu’à 41°C à Auxerre, 40°C à Lille aujourd’hui alors que lundi, 42,6°C ont été enregistrés à Biscarrosse, 42°C à Nantes ou encore 41,4°C à La Roche-sur-Yon. .

Autrefois exceptionnelles, les températures supérieures à 40°C semblent progressivement se normaliser. Dans un article sur le sujet, Sciences&Vie constate que ce seuil n’avait été franchi qu’une fois par décennie entre 1950 et 1980. Mais la situation a bien changé : chaque année depuis 2008, au moins une des 155 stations de mesure du réseau Météo-France atteint cette barre au moins une fois, à l’exception de 2014.

Cette augmentation de fréquence est liée à la multiplication des canicules sur le territoire. Celui enregistré actuellement est le 45e enregistré depuis 1947. Mais dans le détail, 9 ont eu lieu avant 1989, soit 38 depuis cette année-là. En 2022, la canicule de juin a été marquée par sa précocité et son intensité.

Plus d’événements exceptionnels

Des données qui montrent une normalisation de ces températures auparavant inhabituelles. Le phénomène est confirmé par plusieurs scientifiques, dont François Gemenne, chercheur spécialiste des questions climatiques et co-auteur du dernier rapport du GIEC, qui lors de sa dernière apparition sur l’antenne RMC insisté sur la multiplication des “événements exceptionnels”.

“Très clairement, ces événements, qui étaient auparavant considérés comme des événements exceptionnels, vont devenir la norme. C’est l’un des effets du changement climatique. Il s’agira d’augmenter l’intensité et la fréquence de ces phénomènes exceptionnels”, explique-t-il, prenant pour exemple, pour la France, les graves inondations de l’an dernier et les fortes canicules de ces dernières semaines.

Dans sa réflexion, il est rejoint par Françoise Vimeux, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement, qui sur l’antenne de France Inter ce lundi, va encore plus loin, assurant que des pics à 50°C pourraient être enregistrés en France “dans quelques années.”

“Il ne fera pas 50°C toute la journée, mais pourquoi pas 50°C pendant une ou deux heures dans le sud de la France”, insiste-t-elle.

“Juste le commencement”

Cette augmentation progressive des températures est une préoccupation mondiale et à court terme, certaines régions du globe devraient devenir inhabitables. Dans une chronique incendiaire publiée dans le GardienBill McGuire, professeur émérite des risques géophysiques et climatiques à l’UCL (University College London), dresse un tableau de ce à quoi devrait ressembler l’avenir en Grande-Bretagne, elle-même touchée par cette canicule qui explose tous les records d’ailleurs-Sleeve.

Selon lui, tout cela “n’est que le début” et il est “maintenant pratiquement impossible d’éviter une dégradation dangereuse du climat”. Ainsi, “quand nos enfants auront notre âge, ils aspireront à un été aussi ‘frais’ qu’en 2022, car bien avant la fin du siècle, une chaleur de plus de 40°C n’aura rien d’extraordinaire dans le monde mutilé. par le climat dont ils héritent », ironise-t-il.

Dans cette longue lettre ouverte publiée dans les médias britanniques, Bill McGuire énumère les nombreux effets que ces nouvelles normes auront sur notre existence. “Les services de santé et d’aide sociale vont s’effondrer”, commence-t-il, avant de prédire “des conditions de vie de plus en plus désespérées pour beaucoup”. Selon lui, dans les décennies à venir, “les étés devraient devenir plus chauds et plus longs, écrasant les autres saisons et réduisant l’hiver à quelques mois mornes ponctués d’orages destructeurs et d’inondations”.

Avec la même pointe d’ironie dans ses propos, François Gemenne a expliqué, sur les réseaux sociaux, que ces températures de 40°C ne seront, dans un futur proche, qu’un “bon souvenir”.

“Dans quelques années, nous nous souviendrons avec émotion de l’époque actuelle, où le thermomètre n’atteignait les 40°C que quelques jours par an”, écrit-il.

Comment s’adapter ?

Afin de limiter l’impact de cette nouvelle norme, des solutions existent, alors que les zones urbaines sont les endroits où il risque de faire le plus chaud.

“Clairement, les villes sont un vrai problème. Il y a tout un tas de solutions mises sur la table par le rapport du GIEC, et c’est absolument nécessaire”, confirme Françoise Vimeux.

Parmi les pistes évoquées par le climatologue, la végétalisation, l’isolation thermique ou encore le fait de repeindre les surfaces en couleur blanche. Ce thème de la végétalisation des villes a été longuement évoqué la semaine dernière sur notre antenne par Anne Sénéquier, médecin et co-directrice de l’Observatoire de la santé à l’IRIS.

“Un toit noir comme Paris, c’est 89°C à la chaleur, alors qu’avec un toit vert, ça descend à 29°C”, expliquait-elle alors.

“Il faut choisir des espèces d’arbres liées au microclimat local, qui consomment peu d’eau, qui produisent beaucoup d’ombre et donc ont un feuillage important, qui poussent vite, et qui sont pérennes dans le temps”, explique-t-elle. encore, ajoutant qu’il faut modifier en profondeur la morphologie des villes mais que cela “ne va pas assez vite”.

Enfin, pour François Gemenne, ces nouvelles températures vont aussi “modifier certains rythmes de travail, les horaires de certaines activités”.

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